Sauter l’en-tête

Matériaux et choix

Saturateur ou lasure : la différence avant de traiter le bois

Lames de terrasse en bois dont une partie vient d’être imprégnée, pot de produit, pinceau et chiffon posés sur les lames

Saturateur ou lasure : les deux protègent le bois extérieur, mais pas de la même façon. La lasure laisse en surface un film fin et microporeux, le saturateur pénètre dans les fibres sans former de film. Le choix dépend surtout de l’usage : bois où l’on marche, ou bois vertical.

Au crayon : , responsable de la rédaction, ancien menuisier agenceur, rubrique bois et terrasse · page vérifiée le

Les critères qui départagent

CritèreCe qu’il faut regarder
Surface circulée ou nonLa lasure résiste mal aux rayures et à l’abrasion : elle convient aux surfaces verticales. Le saturateur, non filmogène, supporte le passage sur une terrasse.
Aspect recherchéLe saturateur donne un aspect mat de bois huilé. La lasure laisse voir le veinage et les nœuds, avec un fini qui va du mat au satiné selon le produit.
EntretienLe saturateur s’entretient sans décapage ni ponçage : nettoyage, séchage, nouvelle application. Il se renouvelle plus souvent. La lasure se reprend par une nouvelle couche tant que le film reste sain.
Bois neuf, dur ou autoclaveLes fiches techniques demandent de laisser vieillir les bois durs, exotiques et autoclaves plusieurs mois dehors avant le premier saturateur. Les bois tendres s’imprègnent tout de suite.
Ancienne finition présenteLe saturateur exige un bois nu : une ancienne lasure, peinture ou vernis doit partir au ponçage ou au décapant. Une lasure ne tient pas sur un bois gras de saturateur.

Film ou imprégnation : ce qui change

La lasure contient peu de liant, ce qui la distingue d’un vernis. Elle forme un film microporeux : l’humidité du bois peut ressortir, l’eau de pluie entre mal. Ses pigments, en faible proportion, souvent des oxydes de fer ou du dioxyde de titane très fin, filtrent les UV et colorent sans masquer le veinage. Ce film résiste mal aux rayures et à l’abrasion. Il se prête donc aux surfaces verticales : volets, bardage, portail.

Le saturateur, lui, est non filmogène. Il s’applique « humide sur humide » : couche grasse, pénétration pendant 15 à 30 minutes, nouvelle couche sans laisser sécher, et ainsi de suite jusqu’au refus, quand le bois n’absorbe plus. On essuie alors l’excédent au chiffon de coton. Un aspect brillant ou une coulure trahit un film en surface : la fiche technique demande de l’éliminer rapidement par un léger égrenage.

Les deux produits côte à côte

PointLasureSaturateur
Mode d’actionFilm fin microporeuxImprégnation des fibres, sans film
AspectVeinage visible, mat à satinéMat, bois huilé
Usage typeVolets, bardage, clôtureTerrasse, caillebotis, mobilier de jardin
Rendement indicatifSelon la notice du produitDe l’ordre de 5 à 8 m² par litre selon les fiches
RenouvellementNouvelle couche sur film sainNettoyage puis nouvelle saturation, sans ponçage

Passer de l’un à l’autre

Une lasure ne s’accroche pas sur un bois saturé : le saturateur est un corps gras. Il faut attendre qu’il ait disparu, ou l’éliminer. À l’inverse, un saturateur ne pénètre pas à travers le film d’une lasure. Une fiche technique de saturateur demande de poncer au grain 40, puis 60, puis 80, ou de décaper, avant d’appliquer le produit sur une ancienne finition. Notre tutoriel pour décaper une peinture sur bois détaille les deux méthodes.

Les inconvénients du saturateur

Il demande un entretien plus fréquent qu’une finition en film. Sa teinte évolue aussi : soutenue au début, elle s’éclaircit, puis une dominante blanche puis grise apparaît sous les UV et les intempéries. Les fabricants présentent ce grisaillement comme normal : c’est lui qui signale le moment de l’entretien. Enfin, il réclame de la patience sur bois neuf dur ou autoclave, qu’il faut laisser se stabiliser plusieurs mois.

Bois neuf : combien de temps attendre

Les bois tendres, comme le pin, s’imprègnent dès la pose. Les bois durs et gras, chêne ou essences exotiques, résistent au produit tant qu’ils sont neufs : une fiche technique de saturateur demande de les laisser au moins six mois dehors, une autre parle de quelques mois d’exposition aux intempéries. Le bois traité en autoclave doit lui aussi se stabiliser quelques mois. Passé ce délai, un dégriseur nettoie la surface avant la première application.

Temps de séchage indicatifs

Les délais varient d’un produit à l’autre : ils sont donnés ici à titre d’ordre de grandeur, à 20 °C, selon la notice du produit. Pour un saturateur, une fiche indique un séchage hors poussière d’environ 6 heures, un séchage de 24 heures et un séchage à cœur d’environ 72 heures ; une autre annonce 5 à 30 minutes entre deux passes « humide sur humide » et 24 heures pour le séchage complet. Froid et humidité allongent ces délais.

Appliquer l’un ou l’autre

Dans les deux cas, le bois doit être propre, sec et dépoussiéré. Un ponçage au grain 80 ouvre les pores et aide le saturateur à pénétrer, selon une fiche de fabricant. Travaillez par petites surfaces. La fiche que nous avons lue recommande de laisser un bois saturé se stabiliser environ trois jours avant de le remettre en service. Pour la lasure, notre page appliquer une lasure reprend la méthode complète, du ponçage aux couches.

Avant de prendre l’outil

  • Chiffons imbibés de saturateur : risque d’auto-inflammation. Nettoyez les outils aussitôt et rincez les chiffons à l’eau avant de les jeter.
  • Lisez l’étiquette et la fiche de données de sécurité : gants, aération, pas de rejet des restes à l’égout.
  • Pour enlever une ancienne finition, portez un masque contre les poussières de ponçage ; dans une maison d’avant 1949, une vieille peinture peut contenir du plomb.
  • N’appliquez jamais de lasure ou de teinte avant un saturateur : il ne pénétrerait plus.

Les questions de l’atelier

Quels sont les inconvénients d’un saturateur bois ?

Un entretien plus fréquent qu’une finition en film, une teinte qui grisaille avec le temps et un délai de plusieurs mois avant de traiter un bois neuf dur ou autoclave. Il interdit aussi toute lasure ou peinture par-dessus.

Peut-on appliquer une lasure après un saturateur ?

Non. Le saturateur laisse un bois gras sur lequel la lasure n’accroche pas. Il faut attendre qu’il ait disparu, ou l’éliminer, avant tout autre produit.

Quelle protection pour le bois extérieur ?

Elle dépend de l’usage : un saturateur pour les surfaces où l’on marche, une lasure pour les surfaces verticales, une peinture pour masquer le bois sous un film opaque.

Pourquoi mettre du saturateur sur une terrasse ?

Pour nourrir et protéger le bois sans créer de film qui s’écaillerait sous les pas, et pour garder sa teinte plus longtemps. Il se renouvelle sans poncer, par simple nettoyage puis nouvelle application.

Chantiers voisins

Références techniques