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Tutoriel

Faire un ragréage de sol : choisir le produit et le couler

Ragréage liquide coulé sur une dalle et étalé à la lisseuse par une main gantée, seau et malaxeur au fond

Le ragréage est un enduit de lissage coulé sur un sol pour le rendre plan et lisse avant la pose d’un revêtement. Il rattrape quelques millimètres, pas une pente ni un trou profond, et chaque produit a ses épaisseurs et ses délais : c’est la fiche technique du sac qui commande.

Au crayon : , responsable de la rédaction, ancien menuisier agenceur, rubrique sols · page vérifiée le

Niveau requis Bricoleur averti

Dans la caisse à outils

  • Règle de 2 m
  • Malaxeur électrique à vitesse lente et fouet
  • Seaux gradués
  • Lisseuse inox
  • Rouleau ou brosse pour le primaire
  • Aspirateur
  • Gants étanches en nitrile, lunettes, masque anti-poussière

Côté quincaillerie

  • Ragréage adapté au support et au local
  • Primaire d’accrochage recommandé par le fabricant
  • Bande de désolidarisation périphérique si la notice la demande
  • Profilés pour prolonger les joints de dilatation du support

Le mode opératoire

  1. Mesurer les défauts

    Passez la règle de 2 m en tous sens et repérez creux et bosses au crayon. Notez l’écart le plus grand : il détermine l’épaisseur à couler et donc le produit. Au-delà de l’épaisseur maximale du sac, il faut une chape, pas un ragréage.

  2. Préparer le support

    Le support doit être sain, dur, propre et sec : grattez plâtre, peinture écaillée et laitance, dégraissez, aspirez. Sur un ancien carrelage, vérifiez que chaque carreau tient en le sondant au manche d’un outil. Une fiche technique conseille de tout déposer si plus de 10 % des carreaux sont défectueux.

  3. Appliquer le primaire

    Passez le primaire au rouleau ou à la brosse, sans flaque. Respectez son temps de séchage : une fiche demande de couler entre 30 minutes et 2 heures après son application. Sans primaire, l’enduit sèche trop vite sur un support poreux et n’accroche pas sur un support lisse.

  4. Préparer le chantier

    Fermez les fenêtres pour éviter les courants d’air et le soleil direct, qui font sécher la surface trop vite. Vérifiez la température : les fiches lues fixent la plage d’application entre +5 et +30 °C. Sur un plancher chauffant, coupez le chauffage 48 heures avant.

  5. Gâcher

    Versez l’eau dans le seau, puis la poudre, en malaxant à vitesse lente jusqu’à une pâte fluide sans grumeaux. Respectez le volume d’eau du sac à la lettre : trop d’eau fait décanter le produit et le rend friable. Certaines fiches demandent de laisser reposer deux ou trois minutes puis de malaxer à nouveau.

  6. Couler et étaler

    Coulez en bandes, en partant du fond de la pièce vers la sortie. Étalez à la lisseuse par larges mouvements de va-et-vient pour régler l’épaisseur et chasser les bulles d’air. Enchaînez les gâchées sans pause : le mélange ne reste utilisable qu’une vingtaine à une trentaine de minutes selon les fiches.

  7. Laisser sécher et protéger

    Ne marchez pas dessus avant le délai de circulation du sac, en général quelques heures. Maintenez la pièce fermée, à l’abri des courants d’air et du soleil. Contrôlez à nouveau la planéité à la règle avant de poser le revêtement.

À quoi sert un ragréage

Un revêtement de sol recopie les défauts de son support. Un parquet flottant grince sur une bosse et un sol souple marque chaque creux. Le ragréage corrige ces défauts en quelques millimètres. Dans le vocabulaire du bâtiment, le terme désigne d’abord un enduit de finition qui aplanit une surface maçonnée ; le DTU des parquets flottants parle d’ailleurs d’enduit de lissage ou de ravoirage pour un sol. Dans la pratique, « ragréage de sol » désigne ces enduits autolissants vendus en sac.

Il devient nécessaire quand le support dépasse la tolérance du revêtement prévu : pour un parquet flottant, le DTU 51.11 admet 5 mm sous une règle de 2 m ; un guide technique de carrelage retient 3 mm pour les grands formats. Chaque page de pose donne sa tolérance : voyez poser un parquet flottant et poser du carrelage.

Un ragréage de sol avant carrelage : préparation et piquage du support, puis coulage de l’autolissant. Démonstration filmée par la chaîne Eric Le Carreleur (YouTube).

Les types de ragréage et leurs épaisseurs

Les valeurs ci-dessous viennent de fiches techniques de produits courants. Elles changent d’un produit à l’autre : lisez toujours le sac.

TypeSupportsÉpaisseur (exemples de fiches)Circulation
Autolissant standard, classé P3Chape ciment, dalle béton, ancien carrelage1 à 10 mm en local P2, 3 à 10 mm en local P3environ 4 heures
Autolissant forte épaisseurChape ciment, dalle béton, plancher chauffant à eau3 à 30 mm en une passeenviron 2 heures
FibréPlancher bois, panneaux dérivés du bois, supports maçonnés3 à 20 mm2 à 4 heures
Extérieur fibréTerrasse, balcon, garage sur chape ou dalle3 à 15 mm en couche continue, 20 mm en rattrapage ponctuel2 à 4 heures

Le ragréage fibré contient des fibres qui lui donnent de la souplesse : c’est lui qu’on coule sur un plancher bois. Une fiche technique exige alors un plancher rigide, dont la flèche sous charge ne dépasse pas 1/400 de la portée, et ventilé en sous-face. Le ragréage extérieur résiste à l’abrasion et peut rester nu ; il ne s’applique pas sur un sol qui ne laisse pas l’eau s’écouler, ni sur du bois. Une fiche indique qu’il peut former une pente jusqu’à 2 %, sur 5 à 40 mm, en deux passes.

La classe P : un repère de résistance

Les sacs indiquent un classement comme « local P3 au plus ». Le P vient du classement UPEC des locaux et mesure la résistance au poinçonnement. Dans une maison individuelle, un guide technique de carrelage classe l’entrée, le séjour, les chambres et la salle de bains en P2, la cuisine et la terrasse en P3. Un ragréage classé P3 couvre donc toutes les pièces d’un logement. Le produit forte épaisseur vise aussi les locaux P4, plus sollicités.

Délais avant de poser le revêtement

Le ragréage durcit vite mais sèche lentement à cœur. Une fiche d’autolissant P3 donne ces délais minimaux, à 23 °C :

  • carrelage : 8 à 12 heures ;
  • revêtement textile : 12 à 24 heures ;
  • sol PVC en dalle ou en lé : 24 à 48 heures ;
  • parquet collé : 48 à 72 heures, sur une épaisseur d’au moins 5 mm.

Un fibré à prise rapide annonce des délais plus courts. Par temps froid ou humide, tout s’allonge. Avant un parquet ou un sol souple, les fiches conseillent de mesurer l’humidité résiduelle et de la comparer à la valeur du DTU du revêtement.

Les cas qui demandent plus de soin

Au-delà de 20 mm, une fiche d’autolissant forte épaisseur demande de fractionner l’enduit tous les 50 m² environ et de laisser un joint en périphérie et autour des poteaux ou socles. Les joints de dilatation de la dalle se reproduisent dans l’enduit avec un profilé, jamais recouverts.

Sur un plancher chauffant, la fiche P3 demande de couper le chauffage 48 heures avant l’application et de ne le remettre en route que progressivement, 48 heures après la pose du revêtement final.

Si le sol doit aussi être isolé, faites-le avant : voyez isoler un sol.

Quand le défaut de planéité dépasse ce qu’un ragréage corrige, c’est une chape qui rattrape le niveau : voyez le dosage chape maigre et ses variantes.

Avant de prendre l’outil

  • Le ragréage contient du ciment : sa pâte est très alcaline et peut brûler la peau. L’INRS recommande des gants étanches en nitrile ou néoprène et un rinçage de 15 minutes à l’eau en cas de projection dans l’œil.
  • Le ciment peut provoquer un eczéma allergique définitif : ne lissez jamais l’enduit avec les doigts et changez de gants s’ils sont percés.
  • Versez la poudre doucement et à l’extérieur si possible pour limiter la poussière.

Là où ça coince souvent

  • Un sac gâché avec trop d’eau, qui donne une surface poudreuse.
  • Pas de primaire sur une dalle poreuse : l’enduit fissure et se décolle.
  • Un ragréage intérieur posé sur un balcon.
  • Un joint de dilatation de la dalle recouvert : il se fissure au même endroit.
  • Un revêtement posé avant le délai de recouvrement : le parquet collé ou le sol souple cloque.

Les questions de l’atelier

Quelle est l'épaisseur minimum pour un ragréage ?

Elle dépend du produit et de la pièce : une fiche d’autolissant admet 1 mm en local P2 et 3 mm en local P3. Sous un parquet collé, la même fiche demande au moins 5 mm. Les fibrés et les produits extérieurs démarrent à 3 mm.

Comment faire un ragréage soi-même ?

Préparez et dépoussiérez le support, passez le primaire, gâchez le sac avec l’eau prescrite au malaxeur lent, coulez en bandes et étalez à la lisseuse. Travaillez sans pause, porte de sortie en dernier, puis laissez sécher pièce fermée.

Est-il difficile de faire un ragréage ?

Le geste est simple, le rythme l’est moins : chaque gâchée reste utilisable une vingtaine de minutes. Sur une grande pièce, faites-vous aider pour qu’une personne gâche pendant que l’autre coule.

Quel est le but d'un ragréage ?

Obtenir un support plan et lisse avant un revêtement : parquet, stratifié, carrelage, sol souple ou peinture de sol. Il ne remplace pas une chape quand l’écart dépasse l’épaisseur maximale du produit.

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Références techniques